La vie quotidienne en Nouvelle-France

Les soldats

À la marmite

Il est d'usage dans la Marine royale, quand le soldat n'est pas chez l'habitant, de prendre les repas par groupes de sept hommes. Chacun de ces groupes - qu'on désigne par le mot « plat » - dispose d'une marmite en fer munie d'une anse, ainsi que d'une louche pour remuer et servir. La façon habituelle de procéder est de faire cuire dans l'âtre ou sur le poêle de la chambre un bouilli, composé, pour le repas du midi, de lard salé et de tout ce qui peut être ajouté à l'ordinaire de la marmite. Pour celui du soir, on remplace simplement le lard du midi par les pois secs. Après le souper, on récure soigneusement la marmite qui ne sert pas au déjeuner, car on ne mange alors que du pain.

En principe, le soldat n'a pas de gamelle individuelle. Il fait comme les marins et les paysans pauvres en France : il se sert dans la marmite commune, son pain lui tenant lieu d'assiette. Il possède cependant un canif ou un couteau, une cuillère et un gobelet. Cette image assez rudimentaire semble évoluer au cours du XVIIIe siècle, car les fouilles archéologiques effectuées dans plusieurs forts français en Amérique du Nord ont permis de découvrir de nombreux couverts et assiettes. Il semble dans la normale des choses que le soldat, à mesure que les manières s'affinent dans la société, en vienne à s'équiper d'une assiette peu dispendieuse pour manger plus à son aise.