La côte du Pacifique convoitée

L'incident de Nootka

La Grande-Bretagne et l'Espagne au bord de la guerre

À Madrid, le roi Carlos IV donne également l'ordre de mobilisation à sa marine, mais, pour éviter d'être entraîné malgré lui dans un engrenage infernal, il fait savoir aux gouvernements européens qu'il ne déclarera pas la guerre le premier... En Angleterre, en revanche, le vent de la guerre souffle ! Dès le mois de juillet, l'amiral Howe croise au large des côtes européennes à la tête d'une puissante escadre de la Royal Navy composée de 29 grands vaisseaux de guerre pour impressionner les Espagnols par un peu de « diplomatie des canonnières ». Cette stratégie tourne mal lorsque le cabinet britannique apprend, non sans inquiétude, qu'une escadre espagnole tout aussi puissante a quitté Cadix pour se diriger vers le nord ! Qu'arrivera-t-il si ces deux puissantes flottes se rencontrent en haute mer ? Plongeront-elles l'Europe occidentale dans une guerre pour la possession de Nootka, un endroit situé aux antipodes du monde connu ?

Fort heureusement, les deux escadres ne se rencontrent pas, mais la guerre, si elle avait été déclarée, aurait mis en jeu les marines militaires de trois pays. D'abord, la marine britannique, qui compte environ 400 navires de toutes tailles, mais dont une partie seulement est en état de livrer combat dans l'immédiat. Ensuite, bien évidemment, la marine espagnole, troisième au monde après les flottes anglaise et française, mais particulièrement redoutable à cause du nombre élevé de grands vaisseaux qui la composent - 64 bâtiments sur 110, incluant le plus gros navire de guerre au monde, le Santisima Trinidad, portant 130 canons. Enfin, à cause de l'alliance franco-espagnole, la marine française, forte d'environ 150 navires, aurait pu elle aussi entrer en scène ! C'est donc face à un défi de taille que la Royal Navy se serait trouvée confrontée.