Les guerres Napoléoniennes et la guerre de 1812

Les Volontaires royaux canadiens

Des Canadiens français dans l'armée régulière

Le fait le plus inusité qu'occasionne la levée de ce régiment est certes l'enrôlement de Canadiens français pour le service militaire régulier, une première dans les annales militaires du pays.  Même sous le Régime français, les autorités n'avaient obtenu aucun succès dans leurs tentatives pour recruter des Canadiens comme soldats réguliers dans les troupes de la Marine.  Or, le recrutement du premier bataillon des Volontaires royaux canadiens se fait sans problème et l'on voit même des Canadiens français s'enrôler dans le second bataillon.  Il est difficile d'expliquer ce revirement, mais il est évident que les Canadiens français ne se reconnaissent plus dans la France révolutionnaire.  Ce régiment est constitué sans tenir compte de la force maximale autorisée, chaque bataillon comptant habituellement environ 450 officiers et soldats.  L'uniforme rouge qu'endossent les soldats de ce corps ressemble à celui des régiments de l'armée britannique, et, hormis quelques détails, l'équipement et l'armement sont similaires à ceux de l'infanterie britannique 59.

On envoie les Volontaires royaux canadiens dans les forts du Haut et du Bas-Canada.  Le premier bataillon a son quartier général à Québec, avec des détachements à Montréal, Trois-Rivières, Lachine, Côteau-du-Lac et Saint-Jean ; le second installe le sien au fort George avec des détachements à Kingston, fort Érié, fort Malden et fort Saint Joseph.  Ce second bataillon est mis en état d'alerte durant l'hiver 1796-1797, alors que l'on craint une invasion espagnole en provenance de la Louisiane.  En effet, par un revirement d'alliances survenu en 1796, l'Espagne est devenue l'alliée de la France contre l'Angleterre.  Des rumeurs de mobilisation en Louisiane espagnole se transforment bientôt en craintes d'invasion du Canada.  Finalement, on lève l'état d'alerte quand des espions anglais apprennent que les Espagnols ont mobilisé leurs troupes le long du Mississippi par crainte d'une attaque britannique en provenance du Haut-Canada !