Un siège interminable

Amiens

Les avances du Corps canadien

Dans la nuit du 8 au 9, le haut commandement britannique décide de prêter sa 32e Division aux Canadiens qui veulent retirer du front leur 3e Division. Les Canadiens de la 3e Division ont déjà marché vers l'arrière sur environ 10 kilomètres quand ils sont rappelés, les Britanniques étant revenus sur leur décision. Au retour, les hommes de la 3e Division sont épuisés. On décide donc de n'utiliser qu'une de ses brigades au front, ce qui exige des 1er et 2e Divisions qu'elles élargissent le secteur à couvrir. Dans ces conditions, l'attaque du 9 ne peut se déclencher que vers 11 heures, sans l'effet de surprise escompté la veille. Au prix de 2 574 pertes, les Canadiens prennent 6,5 kilomètres de terrain aux Allemands.

La poussée alliée s'étalera sur plusieurs jours, mais l'élan des 8 et 9 août est bien cassé. De plus, le nombre de chars disponibles diminue au point que, le 12 août, on n'en compte plus que six. Malgré 11 725 pertes, entre les 8 et 20 août, les Canadiens ont sonné le début de la fin de l'armée allemande en avançant de près de 30 kilomètres et en assurant le terrain conquis. Dans toute l'opération, 75 000 pertes allemandes sont enregistrées.

Un mois auparavant, les Français avaient déjà arraché l'initiative aux Allemands. Dans ce contexte, l'engagement d'Amiens aura une portée décisive. Il a brisé les derniers espoirs du grand état-major allemand et, surtout, la certitude que ses troupes voulaient encore se battre. Le succès des troupes canadiennes repose, entre autres, sur la surprise, la concentration de leurs effectifs et la coordination de différentes armes (avions, chars, canons, mitrailleuses).