Le tournant (1943)

L'Armée La Sicile et l'Italie

La campagne d'Italie - Les débuts en Sicile

Carte des avancements des Canadiens à l'est de La Sicile en 1943

Légende: Carte des avancements des Canadiens à l'est de La Sicile en 1943

À partir de 1942, les Allemands reculent en Afrique du Nord. En 1943, les Alliés marquent des points partout. L'Armée canadienne est présente au débarquement en Sicile, en juillet 1943, et dans toute la campagne d'Italie, jusqu'à février 1945. Il est curieux qu'un tel effort, presque comparable quant à la quantité des troupes engagées à celui consenti en France à compter du 6 juin 1944, passe plus ou moins inaperçu. Ainsi, 50 ans plus tard, Le Figaro du 1er juin 1994 parlait de la présence en Italie des Français, des Américains et des Anglais, oubliant totalement le Corps d'armée canadien. Beaucoup de liens militaires franco-canadiens étaient pourtant nés sur ce champ de bataille méditerranéen.

La longue attente de l'Armée en Grande-Bretagne n'a pas satisfait les Canadiens restés au pays qui jalousent les succès et la publicité entourant les efforts des autres troupes du Commonwealth. Le gouvernement canadien est pour sa part sensible à l'opinion publique et aux accusations selon lesquelles il craint les conséquences politiques d'une trop grande effusion du sang de ses soldats. En 1914-1918, les volontaires ont été jetés dans la mêlée six mois à peine après leur arrivée en Angleterre ; nombre d'officiers de la 1re Armée canadienne, qui se souviennent des combats livrés un quart de siècle plus tôt, regrettent vivement d'assurer si longtemps un service de garde au Royaume-Uni. Les critiques ne désarment pas, même si on leur affirme que l'on prévoit encore bien des combats avant la fin de la guerre, que le moral des troupes est bon, ou que le commandant en chef ménage les soldats canadiens dans l'intention de leur faire traverser la Manche à la tête d'une offensive alliée. Ne serait-il pas logique, répond-on, de faire acquérir une expérience de combat aux Canadiens qui ouvriront éventuellement le second front en France ? En fin de compte, ce sont probablement les facteurs politiques plutôt que militaires qui amènent le gouvernement à exiger que la 1re Division d'infanterie de l'Armée canadienne participe à l'attaque contre la Sicile, au mois de juillet 1943.

La Sicile devient ainsi le premier champ de bataille important des Canadiens durant la Deuxième Guerre mondiale. Le 8 juillet 1943, le communiqué annonçant le débarquement allié oublie la participation canadienne. Cette situation sera corrigée le lendemain. La campagne canadienne, qui se fait sous les ordres du major général G.G. Simonds, n'est pas de grande envergure, comparativement à celles qui suivront en Italie et en France, mais le terrain est accidenté et la résistance parfois opiniâtre. Les Canadiens, flanqués des troupes britanniques et américaines, respectivement sur leur droite et sur leur gauche, avancent dans la poussière, sur des chemins tortueux garnis de mines. À Grammichele, ils rencontrent une faible résistance. Après la mi-juillet, et en dépit des avantages défensifs que les montagnes offrent aux villes de Leonforte et Assoro, celles-ci tombent. Autour d'Agira, les Allemands luttent avec acharnement et doivent être chassés de leurs positions. Au début du mois d'août, on peut dire que la voie est tracée pour la conclusion de la campagne de Sicile. Le 6 de ce mois, les Canadiens sont mis en réserve. Ils ne participent pas aux dernières batailles qui aboutissent à la prise de Catane et qui mettent fin à la résistance ennemie dans l'île, le 16 août.

Le général McNaughton, qui a consenti à dépêcher la 1re Division en Sicile afin qu'elle y acquière l'expérience du combat, s'attend à ce qu'elle rentre en Angleterre. À son insu toutefois, des pourparlers ont eu lieu entre Londres et Ottawa. Finalement, les troupes canadiennes restent en Sicile et seront même renforcées, une fois sur le continent, dans les premières semaines de 1944 par la 5e Division blindée et le quartier général du 1er Corps d'armée, commandé par le lieutenant-général Crerar.

Images additionnelles

Caporal, Royal 22e Régiment, Italie, 1943